Croisière de 7 nuits au départ de Dunkerque vers Bergen, Geiranger, Nordfjordeid et Sandnes (aller-retour)
Introduction et plan de route
Partir de Dunkerque pour une boucle nordique de sept nuits, c’est s’offrir une tranche de mer du Nord puis un bouquet de fjords sculptés par des millénaires de glace. Le tracé relie Bergen, Geiranger, Nordfjordeid et Sandnes avant de revenir au point de départ, avec des temps de navigation suffisamment longs pour savourer le grand large et des escales pensées pour explorer sans précipitation. Les paysages évoluent comme une série de tableaux: ciels changeants au large de la Flandre, falaises aux reflets d’ardoise, eaux calmes striées de rides argentées, montagnes piquetées de fermes suspendues. On y alterne le désir d’arpenter les quais et celui de laisser filer les heures à observer l’horizon, tasse fumante en main, tandis que le navire trace sa route à 18–22 nœuds.
Plan de l’article (aperçu des thèmes que nous développons ci-dessous):
– Itinéraire et rythme: quoi voir chaque jour, temps de mer, distances approximatives.
– Conseils de préparation: documents, bagages, budget, météo, bien-être à bord.
– Zoom sur Bergen: culture hanséatique, musées, panoramas, gastronomie locale.
– Fjords intérieurs: Geiranger et Nordfjordeid, randonnées, vues emblématiques, choix d’excursions.
– Sandnes et le retour: nature côtière, plages de Jæren, idées pour conclure le voyage.
Sur le plan pratique, compter environ 500 à 600 milles nautiques entre Dunkerque et la côte ouest norvégienne, soit 30 à 36 heures de navigation selon la météo et le courant. En été, les températures vont souvent de 12 à 18 °C sur les fjords, avec des éclaircies capricieuses et des averses passagères ; l’automne propose des couleurs splendides mais une mer plus animée. Cette diversité, loin d’être un obstacle, nourrit l’expérience: la lumière révèle chaque relief autrement, et la pluie elle-même fait gonfler les cascades, ajoutant une dramaturgie photogénique aux falaises. Ce guide aide à dompter le rythme, à choisir ses excursions sans se disperser, et à profiter pleinement d’une semaine qui file vite lorsqu’on a la Norvège pour théâtre.
Navigations scéniques et organisation au départ de Dunkerque
Le départ de Dunkerque offre un accès aisé par route et rail, avec des terminaux conçus pour un embarquement fluide. Arrivez tôt afin de limiter l’attente: un créneau de 2 à 3 heures avant l’appareillage laisse le temps de passer les contrôles, de déposer les bagages et de repérer les espaces publics. Côté formalités, une carte d’identité ou un passeport en cours de validité suffit pour la Norvège, et la monnaie locale est la couronne; toutefois, la carte de paiement est largement acceptée, y compris pour les petites dépenses de quai. L’heure locale est identique à la France pendant l’été, ce qui simplifie les horaires d’escales.
La navigation initiale franchit la mer du Nord, réputée changeante. En été, la houle moyenne varie souvent entre 1 et 2 mètres, avec des épisodes plus vifs possibles lors des fronts Atlantiques. Pour le confort, privilégiez une cabine située aux ponts intermédiaires et au centre du navire; l’amplitude des mouvements y est moindre. Si vous êtes sujet au mal de mer, anticipez: bracelet d’acupression, comprimés approuvés par un professionnel de santé, hydratation régulière, en-cas salés et regard fixé sur l’horizon sont d’une aide notable. Les journées de mer deviennent alors l’occasion de conférences thématiques, de lectures face à l’océan et d’observation d’oiseaux marins planant dans les tourbillons d’air.
Pour structurer la semaine, un déroulé type s’avère pratique:
– Jour 1: Embarquement à Dunkerque, appareillage en fin d’après-midi, cap au nord.
– Jour 2: Mer du Nord, activités à bord, arrivée à Bergen en soirée ou le lendemain matin.
– Jour 3: Bergen, exploration urbaine et panoramas sur la baie.
– Jour 4: Navigation dans des fjords secondaires, arrivée à Geiranger.
– Jour 5: Geiranger au matin, Nordfjordeid l’après-midi ou le lendemain selon les horaires.
– Jour 6: Nordfjordeid, puis route vers le sud-ouest.
– Jour 7: Sandnes et navigation côtière de Rogaland.
– Jour 8: Retour Dunkerque.
Côté budget, prévoyez des dépenses à terre de 20 à 60 € par personne et par escale pour des entrées de musées, bus panoramiques ou cafés; les excursions spécialisées (bateau rapide, kayak de fjord, minibus panoramique) oscillent généralement entre 60 et 150 €. Glissez dans vos bagages des couches modulables, une veste imperméable respirante, des chaussures antidérapantes, un bonnet léger et des gants fins. Enfin, pensez responsabilité: privilégiez les visites à pied, les transports publics de quai et les opérateurs mettant en avant de faibles émissions ou de petits groupes; vous y gagnerez en qualité d’expérience autant qu’en impact maîtrisé.
Bergen, porte des fjords: culture, lumière et embruns
Posée entre sept collines et la mer, Bergen conjugue façades de bois patinées, quais animés et musées accueillants. Le quartier historique classé par une organisation internationale attire pour ses maisons aux pignons serrés et ses venelles étroites, vestiges d’un commerce maritime florissant. Commencez tôt: les couleurs sont plus douces le matin, et les lieux sont plus calmes avant les groupes. La météo, souvent qualifiée de capricieuse, fait partie du charme: près de 200 jours de pluie ou bruine par an, mais aussi de belles trouées lumineuses qui transfigurent les toits et les montagnes. En été, comptez 17 à 19 heures de clarté, ce qui laisse du temps pour alterner visites et pauses gourmandes.
Pour une vue d’ensemble, montez par funiculaire ou sentier vers un belvédère dominant la baie; la montée à pied, sur pavés et racines, prend 45 à 60 minutes et récompense d’un panorama ample sur les îlots, les navires et les collines moussues. Redescendez en flânant par des ruelles bordées d’ateliers, puis rejoignez les halles pour goûter une soupe de poisson ou un plat de poisson fumé servi avec pain noir et beurre salé. Les amateurs de musées trouveront de quoi combler une demi-journée, entre art nordique, maisons d’écrivains et collections maritimes; l’entrée moyenne va de 8 à 20 € selon les expositions.
Pour rythmer l’escale, voici trois options complémentaires:
– Urbain et photo: balade de quai en quai, façades en enfilade, détails de boiseries, reflets sur les flaques.
– Panorama et nature: belvédère accessible par funiculaire ou sentier, avec boucle en forêt de 4 à 6 km.
– Culture et cafés: musées, librairies aux vitrines soignées, pause cannelle-café à l’abri de la pluie.
Comparée aux autres ports du voyage, Bergen conjugue densité culturelle et compacité; tout se rejoint aisément à pied, ce qui limite la logistique. C’est un excellent moment pour acquérir des repères historiques avant d’entrer dans les fjords. L’après-midi, quand la lumière rase les façades, la ville se teinte d’ambre; c’est l’heure rêvée pour quelques clichés depuis les quais, avant de regagner le navire tandis que les goélands dessinent de larges courbes au-dessus des mâts.
Geiranger et Nordfjordeid: fjords intérieurs, balcons sur la glace
Au lever du jour, l’approche de Geiranger est une chorégraphie silencieuse: parois verdies, cascades filant en voiles, fermes perchées presque irréelles. Classé au patrimoine mondial pour sa géologie spectaculaire, le fjord propose des paysages qui semblent miniatures depuis le pont, mais prennent une dimension grandiose dès qu’on s’en approche. L’escale se prête à trois registres: croisière locale au plus près des chutes, navette bus vers des belvédères, ou sentiers en lacets jusqu’à des plateformes suspendues. Les noms sonnent comme des promesses — Sept Sœurs, Voile de la Mariée — et l’on comprend vite pourquoi l’eau est la véritable sculptrice des lieux.
Les points de vue populaires exigent parfois un supplément de temps et d’organisation; partez tôt pour profiter d’une lumière oblique qui révèle les strates de roche. Les randonnées proches du village offrent un bon rapport effort/panorama, avec des dénivelés modérés de 250 à 400 mètres. Côté budget, une mini-croisière locale se situe souvent entre 45 et 80 €, un bus panoramique entre 30 et 60 €, et la location de kayaks entre 40 et 70 € pour quelques heures. Emportez une couche coupe-vent, même par beau temps: la fraîcheur se faufile au pied des falaises, et les embruns rafraîchissent davantage qu’on l’imagine.
Plus à l’ouest, Nordfjordeid ouvre un autre chapitre: ici, les lignes s’adoucissent, les vallées respirent, et l’histoire surgit au détour d’un musée consacré à l’héritage viking. Le grand lac voisin, le plus profond d’Europe, ajoute un accent presque alpin à l’ensemble. Les options d’excursions jouent la carte de la diversité: petite randonnée forestière vers un point de vue sur le fjord, balade patrimoniale dans le bourg, ou sortie vers des vallées glaciaires aux eaux laiteuses. Beaucoup apprécient la quiétude de cette escale, plus paisible que Geiranger, idéale pour s’asseoir au bord de l’eau, repérer les cernes des anneaux d’amarrage et regarder se rider la surface au passage d’un oiseau.
Comparer Geiranger et Nordfjordeid, c’est opposer la dramaturgie verticale au charme panoramique. Le premier impressionne par ses murs de roche et la densité de ses chutes; le second séduit par ses espaces ouverts et ses couleurs tendres. Ensemble, ils composent une grammaire du fjord à deux temps: l’exclamation et la respiration. En fin de journée, quand le navire reprend la mer en souplesse, les silhouettes se dégradent en bleu, et le sillage, comme une virgule sur l’eau, ponctue un chapitre mémorable.
Sandnes et la dernière navigation: plages atlantiques, reliefs doux et cap au sud
Dernière étape avant le retour, Sandnes offre un visage différent de la Norvège côtière. À proximité de longues plages de sable blond battues par l’Atlantique, la région marie dunes, prairies et falaises modestes entaillées de criques. Les sentiers balisés serpentent entre champs de pierre, landes rases et lacs miroirs, avec des parcours accessibles en 1 à 3 heures. Ceux qui préfèrent la ville choisiront le bord de fjord, un parc au ras de l’eau et quelques ateliers d’artisanat. Les familles apprécient l’abondance d’espaces faciles, sans grands dénivelés, pendant que les amateurs de sensations douces longeront la côte jusqu’aux plages de Jæren, réputées pour leurs rouleaux et leurs teintes changeantes.
Côté activités, la palette est équilibrée:
– Balade côtière: 6 à 10 km sur sentier sableux et herbe rase, idéal pour photographier lignes d’écume et bois flotté.
– Panorama modéré: montée sur un relief local pour embrasser fjord et océan en une seule vue.
– Culture discrète: petites galeries, cafés conviviaux, haltes au marché pour goûter pain noir, fromage brun et pâtisseries.
La météo, souvent plus clémente qu’au cœur des fjords, peut toutefois varier en une heure. Adoptez la méthode des couches: tee-shirt technique, polaire fine, veste déperlante. Les vents atlantiques rafraîchissent, surtout au bord des plages; un tour de cou et un bonnet léger se glissent sans peine dans un sac. Côté dépenses, une journée à Sandnes peut n’exiger que quelques euros si vous privilégiez la marche et les points de vue gratuits; ajoutez 5 à 15 € pour un café et une pâtisserie, 10 à 20 € pour un bus régional si vous explorez au-delà du centre.
Cette escale convient parfaitement pour clore la parenthèse: tri des photos sous une lumière dorée, derniers achats de produits locaux à rapporter, promenade lente au fil de l’eau. Le soir, en laissant la côte de Rogaland glisser vers l’arrière, on sent déjà poindre le plaisir du retour: la tête pleine de reliefs, le nez encore salé, et la sensation d’avoir tenu dans une seule semaine tout un atlas de bleus et de verts. La dernière nuit à bord invite au relâchement: un dîner simple et soigné, une marche sur le pont, et un regard au compas tandis que la route se courbe vers le sud.